La theorie du Komplot

20/10/2008 - 26/10/2008

In-Extenso

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Vernissage, le 20 octobre à 18h / Opening, 20th October at 6PM 

 

 

Avec / With Alain DeclercqJulien PrévieuxLaurent GrassoDaniel PflummMarc GeneixGaël PeltierAngela Detanico et Rafael LainSébastien Maloberti.

 

 

 

Pendant une semaine, le collectif de curateurs et artistes français In Extenso diffuse un journal et occupe toute la maison de Komplot. 

 

The French curatorial collective In Extenso diffused a newspaper and occupied the entire house of Komplot for their one week exhibition. 

Finissage, le 26 octobre à 14h / Closing party 26th October at 2PM

 

Actif à Clermont-Ferrand depuis 2002, In extenso se propose d'être une base d'activité en matière d'art contemporain touchant les domaines de l'édition, de l'exposition, des échanges et d'une certaine façon des résidences d'artistes par de courtes périodes de production. S'étant consacré à un programme d'expositions nomades pendant ces cinq premières années d’existence, l'association dispose aujourd'hui d'un espace de diffusion qui lui permet une plus grande autonomie en terme d'accueil d'artistes. Trois axes sont aujourd'hui développés par In extenso : le programme d'exposition nomade, qui explore le territoire régional par l'invitation d'artistes internationaux, la programmation de la galerie où se côtoient la série Minimaximalisme(proposant des confrontations d’oeuvres sur le mode du duo) et des expositions monographiques, et enfin, un programme d'échanges internationaux et mini-résidences.

Les chercheurs en sciences sociales qualifient couramment de théories du complot les diverses expressions de la « manipulation des masses » par un groupe de pouvoir secret. Ce groupe secret serait typiquement minoritaire, élitiste et/ou sectaire et utiliserait des moyens politiques, financiers, militaires, psychologiques et/ou scientifiques. Cela implique que cette élite possède des grilles d'analyse pertinentes et fiables, mais cachées. À partir de cette analyse, l'élite pourrait développer une action occulte, mais surtout efficace permettant de parvenir à ses objectifs lentement mais sûrement. Ce sont ces hommes « qui savent l'histoire qu'ils font ». De fait, les personnes qui susciteraient les théories du complot sont souvent minoritaires et mal connues du grand public, que ce soit à cause de leur goût du secret, de l'entre-soi, ou du risque d'être attaqué en société pour avoir avancé une idée non politiquement correcte, car officiellement inavouable si la théorie était avérée.

Ainsi, la théorie du complot se nourrit d'événements réels qu'elle insére dans une trame cohérente et auxquels elle donne sens, répondant par là aux besoins de compréhension des sociétés en crise en identifiant une causalité simple et unique à tous les maux et changements que l'individu ou les masses peuvent subir. La théorie du complot relève en cela du mythe explicatif capable de s'adapter aux groupes les plus divers (le juif devenant ainsi tour à tour le capitaliste ou le communiste). Aucune place n'est plus désormais laissée au hasard ou à l'accident : les masses ou l'individu sont placés au centre d'un immense réseau de malveillance organisée, la victime voit chacun de ses actes épié et une même main invisible prend en charge le destin et l'histoire. En cela, la théorie du complot dans sa cohérence et sa logique paranoïaque rejoint ici la cohérence et la logique du discours
mythologique.

(extrait de "concept de la théorie du complot" wikipédia)

From wikipedia:

A conspiracy theory attributes the ultimate cause of an event or chain of events (usually political,social or historical events), or the concealment of such causes from public knowledge, to asecret and often deceptive plot by a group of powerful or influential people or organizations. Many conspiracy theories state that major events in history have been dominated by conspirators who manipulate political happenings from behind the scenes.

Daniel Pflumm développe une réflexion sur les stratégies de communication utilisées par les médias et sur les codes de l’esthétique publicitaire. L’important, pour lui, n’est pas l’article ou le produit, mais les stratégies, les techniques de persuasion, le packaging, c’est-à-dire la façon dont est présenté le produit. Daniel Pflumm ne formule pas de critiques mais s’approprie les méthodes des entreprises qui conditionnent notre comportement visuel. Il reprend, revisite, s’approprie des symboles, il reconstruit les logos, en détache les différentes couleurs, les éléments et les structures. Daniel Pflumm réinterprète ce langage visuel et contribue ainsi à abolir la distinction entre production et consommation, création et utopie, ready-made.

Laurent Grasso travaille avec la vidéo et l’installation, à réduire la frontière entre la réalité documentaire et la fiction. Pour lui, la caméra possède une sorte perception autonome, indépendante du regard humain, «elle scrute la réalité comme un territoire étranger». La vidéo1619 reproduit de manière artificielle, les vibrations colorées d’une aurore boréale dans un environnement au sein duquel se distingue une sphère géodésique. « On voit parfois, au cours d’une nuit claire, se former des apparitions de diverses sortes dans le ciel : des gouffres, par exemple, des trous, et des couleurs semblables à du sang. […] Puisque, en effet, il est manifeste que l’air supérieur se condense de façon à être inflammable, et que la combustion prend tantôt l’aspect d’une flamme brûlante, tantôt celui de torches mouvantes et d’étoiles filantes, il n’y a rien d’étonnant que ce même air, quand il se condense, présente une grande variété de couleurs. » Aristote, Les Météorologiques, 334 av. J.-C.

Marc Geneix use du palimpseste comme un mode d’investigation d’un réel contemporain. Son travail résulte et s’alimente notamment par une captation de signes issus du réservoir médiatique et culturel du monde présent. Il procède de l’enchevêtrement de micro-récits dans l’entrecroisement de différents process plastiques tels que le dessin, l’installation ou la vidéo. Brassant des codes provenant de la culture populaire, comme le rock’n’roll ou le western, l’artiste se plaît à mixer des iconographies et des récits en interrogeant la notion d’une mythologie passée, encore en jeu, ou déjà en train de s’effectuer.

Né à Moulins en 1969, Alain Declercq serait plasticien. Ou peut-être installateur, photographe, performeur, vidéaste, fictio-documentariste… à vrai dire, on ne sait pas exactement ce qu’il fait en réalité. Ce que l’on constate, c’est que c’est dans la réalité qu’il fait, agit ou oeuvre. Plus précisément encore, c’est dans la réalité ordonnée et hiérarchisée des rapports de pouvoir, des formes d’oppression et des structures de sécurité qu’il travaille, avec, il faut le noter, une obsession pour la police ! Elaborant une dialectique troublante du «pour-de-vrai» et du «pour-de-rire», légèrement, patiemment, discrètement, il perturbe, il dérègle. Allant jusqu’à tromper ceux là même qui l’instaurent et le maintiennent, cet ordre. On connaît l’épisode rocambolesque de la perquisition, chez lui, de la brigade anti-terroriste en 2005 à l’occasion du travail préparatoire sur son docu-fiction Mike. Il est soupçonné d’être la base arrière d’Al Qaida en France ! C’est un peu l’histoire des «pigeons» de Zeuxis qui venaient picorer les raisins peints sur la toile du maître. Plasticien de la redondance, il surveille la surveillance et photographie la police – ses « cowboys » et « cowgirls » – dans l’exercice de son travail. Ce n’est pas un manipulateur, pas un faussaire, mais bien au contraire un révélateur, il surligne et surréalise. 

A la recherche du miracle économique - 2006 / Julien Prévieux

Le système de décryptage employé dans A la recherche du miracle économique est connu sous le nom de « Code de la Bible «Ce code était appliqué par les moines au Moyen Âge pour faire apparaître des significations secrètes dans les textes sacrés. La technique de déchiffrement révèle des termes composés de suites de lettres équidistantes qui constituent, comme en filigrane, un nouveau texte. A partir du texte de référence se dessine une nébuleuse de mots-clefs reliés entre eux par des flèches indiquant les relations d’appartenance ou de cause à effet. Ce réseau de lignes constitue un diagramme avec lequel Julien Prévieux cartographie les méandres des scandales financiers et des crises économiques. Le texte, écrit en 1867, annonce dans un premier panneau la crise de 1929, dans un second le tout récent scandale Enron, symbole des dysfonctionnements actuels et d’une dérégulation extrême, puis dans un troisième un événement à venir - un repli généralisé conjuguant le développement d’une économie informelle à la faillite du système monétaire classique. On y retrouve les dates, les faits, les notions ou encore le nom des personnes impliquées (dirigeants d’entreprise ou hommes politiques).

Angela Detanico et Rafael Lain travaillent ensemble depuis 1996, sur différents médiums – l’installation, la vidéo, le son et le graphisme notamment. Nés au Brésil, respectivement en 1974 et 1973, ils développent un travail analytique sur un mode économe et ludique mettant en question ce qui se donne pour évidence dans les représentations conventionnelles et codifiées, aussi usuelles que l’alphabet ou la cartographie, qui irriguent la vie quotidienne. Ils ont reçu en 2004 le Nam June Paik Award (Kunststiftung NRW, Dortmund) et ont pris part à des expositions telles que « GNS / Le Pavillon » (Palais de Tokyo, Paris, 2003) ; Pavillon Brésilien, 9ème Biennale d’Architecture de Venise (2004) ; «Território Livre », 26ème Biennale d’Art Contemporain de São Paulo (2004) ; et 3ème Digital Media City Seoul (2004). A l’entrée du garage Komplot, Angela Detanico et Rafael Lain actualiseront leur installation Pilha au moyen d’annuaires des Pages d’Or.

Les pièces de Sébastien Maloberti peuvent s’appréhender telles des interfaces conjuguant lignes brutes, surfaces pyrogravées et espaces interlopes. Mixant codes et représentations du paysage, l’artiste envisage sa production à la façon d’un écosystème d’un nouveau type. Reprenant clichés et concepts tels que les flux, les machineries, une certaine abstraction de la nature, Sébastien Maloberti développe des récits bâtards mettant en oeuvre l’investigation d’un réel qui se cherche ou qui s’échappe. Un défaussement ou la tentative de rendre compte d’une certaine contingence des choses par des jeux entre territoires d’intérieurs et
supports de projections. Des vides et des pleins, à l’image de cette vidéo orchestrant un ballet improbable de mèches de perceuses trouant une planche au son de la fameuse valse de Strauss reprise par Kubrick plus tard.

Au travers d’images fictives inspirées du monde du cinéma, Gaël Peltier recrée un monde singulier. Ici pas d’objets (à part les écrans et projecteurs qui ne parlent que d’absence), mais des photos et des vidéos. L’artiste s’y met souvent en scène lui-même, dans des scénarios qui exigent parfois une longue préparation, au niveau de sa condition physique, ou au niveau de l’action qui peut se dérouler en plusieurs épisodes, et sur des années. Parfois la fiction se réalise, devenant elle-même événement, comme lorsque l’artiste pénètre dans une voiture par effraction et y installe le personnage qu’il va photographier. Les objets prennent parfois une grande importance : gants, montres, volant, veste, visages ou mains pris en gros plan. Des cadrages qui ne sont pas anodins, et qui, autant que le choix des objets eux-mêmes affirment l’intention de l’artiste. L’image finit par se raconter elle-même
plus qu’elle ne raconte son histoire. 

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